

Samantha M. Gateman
Dr. Samantha Michelle Gateman est professeure adjointe au département de chimie à l’Université Western, London (Ontario), et titulaire de la chaire en chimie induite par les radiations, un poste financé par la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN). Sa passion pour l’électrochimie a été déclenchée lors d’un projet de recherche de premier cycle avec la professeure Janine Mauzeroll à l’Université McGill, où elle a ensuite poursuivi son doctorat en étudiant les méthodes électrochimiques multi-échelles pour comprendre le comportement à la corrosion des revêtements ferreux dans les systèmes de turbines hydrauliques.
Après ses études doctorales, la Dre Gateman a obtenu une bourse postdoctorale du CRSNG et a rejoint l’Université de la Sorbonne à Paris, France, où elle a travaillé avec le Dr Vincent Vivier pour étudier les fluctuations locales du vieillissement des matériaux d’échange ionique pour la purification de l’eau en utilisant la spectroscopie d’impédance électrochimique. En 2022, elle est revenue au Canada pour établir son programme de recherche indépendant à l’Université Western.
Les recherches du Dr. Gateman se concentrent sur l’avancement des outils électrochimiques à plusieurs échelles pour étudier les mécanismes de corrosion, avec des applications dans les secteurs nucléaire, automobile et biomédical. Son travail met l’accent sur la réduction de l’écart entre la chimie analytique, la science de la corrosion et l’industrie en adaptant des méthodes électrochimiques quantitatives et spatialement résolues pour explorer l’initiation de la corrosion à l’échelle micro et nanométrique dans des conditions de service simulées.
Reconnu comme l’un des douze talents de C&EN 2024, le Dr Gateman est célébré comme faisant partie de la prochaine génération de chercheurs qui s’attaquent aux défis mondiaux. Ses contributions soulignent l’importance de la collaboration entre les chercheurs et l’industrie pour développer des solutions innovantes aux défis critiques liés aux matériaux.
Des déchets nucléaires à la santé des femmes : comment la science de la corrosion façonne notre monde
Qu’est-ce que les dispositifs intra-utérins non hormonaux et les conteneurs de déchets nucléaires ont en commun ? Les deux sont touchés par la corrosion, un processus électrochimique qui affecte presque tous les métaux et coûte au Canada plus de 60 milliards de dollars chaque année. Malgré son omniprésence et sa charge économique, la corrosion reste un défi majeur dans la science des matériaux et les infrastructures publiques.
Dans cette conférence, je vais partager comment mon groupe de recherche fait progresser notre compréhension de la corrosion en utilisant des méthodes électrochimiques et radiochimiques à plusieurs échelles, avec des applications dans les secteurs du nucléaire et de la santé. Un accent clé est mis sur la corrosion localisée, qui représente environ 75 % des défaillances de corrosion dans le monde réel, mais qui est notoirement difficile à prédire et à détecter. En utilisant la microscopie à sonde électrochimique à balayage, nous étudions les processus de corrosion précoce à l’échelle microscopique, aidant à fermer la boucle entre la caractérisation des matériaux et la conception.
Notre travail comprend l’étude des revêtements en cuivre proposés pour le confinement des déchets nucléaires et de nouvelles approches pionnières en radioélectrochimie pour évaluer la performance des matériaux sous rayonnement ionisant.
Enfin, j’explorerai comment la science de la corrosion peut aller au-delà de l’atténuation et être exploitée pour l’innovation. En établissant des liens inattendus entre l’infrastructure nucléaire et la santé des femmes, je montrerai comment les conclusions de nos études sur la corrosion inspirent le développement de dispositifs intra-utérins non hormonaux plus sûrs ; un pas vers la modernisation de cette technologie contraceptive longtemps négligée.